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Salut!
Pour mieux me connaître et connaître également le Pays Lobi, je vais vous parler ici de mon village qui s'appelle Kampti.

*L'ouest du Burkina Faso *Le territoire Lobi
L'origine du nom de mon village
Mon village s'appelle Kampti (encadré sur la carte ci-dessus. Il est situé à environ 450 km de la capitale de mon pays qui est Ouagadougou, dans le Sud-Ouest du Burkina faso. Kampti est une commune rurale du burkina faso d'environ 7468 âmes. En terme de superficie c'est la plus grande commune rurale du BURKINA FASO. Cent treize (113) villages forment la commune rurale de Kampti. Ces villages sont: Bagnidouo, Bankoura,Bantara,Bodana, Bankuera, Belfelela, Bokona,Bodemena, Boukolou, Boussoura, Dananiara1, Dananiara2,Dandgara, Danhouassara, Dargbara, Diepera, Difetara,Dindou,Dininemira,Dinkafira, Djèpèra, Donhomena, Doukoumera, Fofora, Galgouli, Gbakonoco, Gbalara, Gbangankora, Gnelintara, Gbantara, Gongonboulo, Gongone, Gongontionao, Gon-yiora, Gotakpoulala,Gwelfèlèla, Guirina,Ihoura, Irino, Kampti-Lobi, Kelingbara,Kohinen, Kompi, Konakièra, Kongara,koroho, Kotikora, Koulantionao, Konkouna,Koursièra, Kpantionao,Kpapira, Kparanta, Kpatoura, Kpintana, Kuèkuèra, Kunkana, Larbi, Latara, Lèba, Lermitera, Logolona, Louktianao, Mamina, Mintara, Mouléra, Naboundjira, Nambira, N’dangbara, Niamina, Niaminséo, Nimpira,Niokara, Nionboulola,Nokindjoura, Nokpadouo, Nouonkpalala, N’tompira, N’tonhéla, Olkoro, Ouadaradouo, Ouarbio, Ouationao, Oulnana, Passena, Pièna, Pola-Kampti, Pokarana, Poniro, Poltianao, Sakalao ,Sambitèra, Sangbatara,Sangoulanti, Setoudouo, Sorombora, Takpouloula, Tiemana, Timbiela,Tinkakpèrèra, Tinkiro, Tintoura, Tiobièl, Tiopanao, Tohevera, Tiopolo, Tiosséra, Tobinkora, Tobroura, Tognora, Tompéna, Tompomena, Torkora, Tormana, Tobinkoura, Torohiri, Tountana-Sèboura, Yolonhiera.La commune rurale de Kampti fait frontière avec la côte d'Ivoire et de ce fait elle a été touchée de plein fouet par la crise Ivoirienne. Espérons que tout rentre dans l'ordre et que tout roule comme avant dans ce pays frère puisque l'histoire et la géograhie nous unies.
Kampti est peuplé à majeure partie de Lobi (autotchones) mais aussi des Dioula(Marka) des mossi des peulhs... En rappelle le peuple Lobi;en fait toute la grande famille des Lobi y compris les Dagaras sont acéphales c'est à dire des peuples dont leur structure sociale ne comporte pas de chef à proprement parlé. Ce sont des peuples libres, pas du tout anarchistes, mais qui pour rien au monde ne veulent perdre ce droit qu'est la liberté. Venus du Ghana voisin après avoir traversé le Mouhoun les lobis se sont installés dans dans la frange Sud-Ouest du Burkina faso et surtout au Nord de la Côte d'Ivoire. Ainsi mon village Kampti a été fondé par Sib Mankou (Sib est le nom et mankou est vraissemblablement un nom de guerre).Traduit littéralement "Kampti" veut dire "d'ou viens tu?" Il semblerai que quand le prémier colon est arrivé dans mon village il a trouvé une femme qui pillait le mil. Le colon lui démanda le nom de son village et comme le Lobi n'est pas un Homme à se faire marcher dessus; sinon comment quelqu'un peut oser poser une question sans daigner saluer; lui Lobi, son Interlocuteur! C'est le comble de l'impolitesse. La femme Lobi qui ne pouvait avaler une telle humilliation lui repliqua nerveusement: "ka fi té" ce qui veut dire "d'ou viens tu ?" et ce que le colon a noté en prénant bien le soin de transformer le "fi" en "mp"; d'où le nom Kampti.
Les prénoms chez les Lobis
Quand un enfant naît, n'importe où dans le monde c'est une joie pour sa famille. Les Lobis ne dérogent pas à la règle. Ainsi pour célébrer cette joie l'enfant Lobi est présenté au fétiches de sa famille juste après la coupure du cordon ombilical. Un nom lui sera alors donné et comme la succession ou l'héritage chez les Lobi le nom donné à l'enfant est intrinsèquement lié à la femme: - S'il est le prémier fils de sa mère il s'appelera Sié; et suivant cet ordre on aura: Sansan, Ollo, Koko, Bêbê, thô... Mais dans certains dialectes, Sansan est remplacé par Sami. Chez les Djans, le prénom Sansan dévient Sami et Ollo dévient Olé. -Si l'enfant est une fille elle recevra le nom Yéri; Oho; Ini; Kpini ou Cessere ... si elle est respectivement 1ere, 2 eme, 3eme ou 4eme fille de sa mère. Toujours chez les Djans le prénom Yéri devient Yéli. Dans le cas où la femme avait auparavant un enfant, si elle se remarie ses enfants porterons les noms suivants de la liste; sans repétition possible entre les noms des enfants d'une même femme. Mais tout de même dans une famille polygame on se retrouve souvent avec 3 Sié dans la même famille: Sié de telle femme et Sié de telle autre. S' il arrivait que la liste de nom s'épuisait ou très souvent par des concours de circonstances d'autres noms sont prévus. On peut citer en exemple: Koumbou (petit homme), Kersiè (fille claire) Koumblo (homme blanc; albunos), Thibo (enfant né apres le déces de son père), Nibo (enfant né juste avant le déces de sa mère),Naba et Djami (pour les cas de jumeaux), des noms des fétiches protecteurs de la famille ou du village (surtout quand l'enfant à été gravement malade dans son enfance et que les parents ont eu recours à ceux ceux-ci pour sa guérison par exemple Oualkoye, Tilkaa etc) mais également des noms de rivières. Mais le vrai nom Lobi se gagne, il ne se donne pas. En effet on peut qualifier tous ces noms cités ci dessus des noms pour enfants et adolescents. Pour avoir un vrai nom Lobi il aller à l'initiation. Car ici on ne pas se limiter au mot initié puisque l'initiation chez les Lobi c'est un voyage, un pélérinage. Ainsi, chaque 7 ans tous le peuple Lobi(Lobi, Djan, Birifor, Dagara, Wilé, Tounis ...) du Burkina et du nord de la Côte d'Ivoire font un pélérinage vers le Fleuve Mouhoun frontière entre le Bukina Faso et le Ghana, symbole du retour aux sources et surtout du souvenir de la grande migration car c'est en effet ce fleuve que tous les Lobis ont traversé dans l'espoir d'une vie meilleure ailleurs. A l'issue de ce pélérinage et la formation qui s'en suit le jeune Lobi recevra un vrai nom, son nom d'homme, un nom définitif.
L'initiation en pays Lobi
Le lieu de l'initiation: le fleuve Mouhoun ou Volta River au Ghana
Les prémiers jours Aux prémiers jours de l'initiation il ya tout d'abord le son du tambour de l'initiation avec cette musique si particulière qui pénètre intensement dans le corps de l'averti à savoir le petit Lobi. A la suite du tambour qui commence depuis la brousse vient le chant qui rapelle aux nons initiés "les Djankouman" que le jour du jugement est arrivé. Le jour ou toutes les sanctions vont tomber sur l'enfant impoli; irrespectueux, mal aimé aussi... Ainsi après le son de ce tambour tout Djankouman ou non initié ne devrait plus être apperçu hors de sa case. C'est donc le jour de la débandade s'il vous trouvait loin de chez vous. Je porte toujours une cicatrice à la cuisse gauche qui me rapelle encore cette folle journée de ces temps d'aprés recolte comme si c'etait hier : ce jour là j'étais parti chercher des tiges de mil pour faire la clôture autour d'un jeune bananier que les porcs étaient sur le point de déraciner. C'est de là-bas que j'ai eu entendu tonner le tambour de l'initiation. Dans mes foulées pour fuir la horde des initiés ; "les Djorbé" à mes trousses et regagner les miens je trébuchai sur une tige de mil et tombai. La tige m'incisa profondement la cuisse mais je réussis à rentrer chez moi sans une goutte de larme, la peur aux fesses. Bref ce n'était qu'un accident et c'était l'initiation... Donc aux prémières heures de l'initiation c'est la chasse aux non initiés. Ils sont traités de tous les maux de la société Lobi et fouetés s'ils n'étaient pas respectueux des parents, des initiés ou tout simplement des ainés. Cette période est également celle des grandes cahettes. Le pays lobi étant une région trés accidentée on y rencontre beaucoup de grottes. Si pendant les proménades on en decouvrai une , elle servait pour ces situations là. Je connais un ami qui, pour fuir les coups s'est caché dans une grotte pendant au moins une semaine. (Il se pourrait que vous en sachez plus sur son histoire s'il le veut bien). Quelques jours après la chasse aux non initiés, des groupes arrivent par vagues successifs selon la lignée des uns et des autres. Ils restent aux alentours du village mais toujours en battant le tambour de l'initiation et les chants qui vont avec. Des messagers sont envoyés pour annoncer que les descendants de tel illustre Homme partent pour l'initiation de leur progéniture. Ceux qui se reconnaissent de cet Aeuil envoient leur progéniture avec nourriture, plats, quelques vêtements, des objets de culte des cauris de l'argent et des accompagnateurs pour assister les plus faibles. Ces groupes suivront ainsi exactement les pas qu'a suivi leur ancètre avant qu'ils ne soient à leur village actuel. J'avoue qu'en fonction des groupes c'est à dire en fonction de la descendance du non initié les itinéraires changent ainsi que les methodes également. Certaines familles envoient leur descendance à l'initiation avec comme accoutrement rien que des cache-sexes alors que d'autres tolèrent que le non initié porte même des chaussurres. Et compte ténu de la périodicité de l'evènement assez étalée (chaque sept ans),un enfant de sept ans qui n'a pas pu participé à une initiation qui a lieu par exemple cette année, aux initiations prochaines celui-ci aura 14 ans et si c'est une fille, vous comprenez que si elle ne doit porter qu'un cache-sexe c'est cas même compliqué...
La marche
Elle est pénible et pleine d'embuches. Elle varie en fonction de la situation géographique des uns et des autres. Pour certains elle vaut 200 km l'aller-retour, pour ceux de mon village par exemple il est d'environ 100 km l'aller-retour. Les initiés font ce trajet à pied et souvent sans chaussures puisque certains groupes l'interdisent. Ils dorment là où la nuit les trouve et dans certains villages s'ils ont la chance. Ici l'homme est mis face aux autrocités de la nature et il doit survivre s'il est Lobi accompli. Celui qui succombe sur la route de l'initiation on dira que le Fleuve (Mouhoun) l'a pris, l'a emméné et il n'aura pas de funérailles. Mais tout au long de l'initiation la nuit des léçons d'hommes sont données aux hommes; les qualités comme la bravoure, la solidarité, ... certaines léçons sur la manière de gerer la famille et bien de choses encore... Pour les femmes des léçons leur sont données par les accompagnatrices sur la séduction et la gestion de la famille. Pour palier aux ruptures de provisions qui peuvent survenir au cours du voyage, chaque groupe tente de rejoindre autant que possible les grandes localités de la région. C'est ainsi que Gaoua plus grande ville du Sud-ouest du Burkina Faso est incontournable pendant les initiations. Sitôt les provisions achetés le groupe se met en route vers le rendez de chaque sept ans: le fleuve Mouhoun car quelque soit sa descendance, son dialecte (lobiri, birifor,djans, dorossié, wilé, touni ...) tout le peuple Lobi est unanime, "Nous avons tous traversé le Mouhoun pour de meilleures terres et nous devons nous en souvenir".
A très bientôt pour savoir ce qui se passe au bord du fleuve Mythique et aussi pour savoir comment se donnent les noms.
Amicalement KAMBOU Benjamin.
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5. KAMBIRE HOLLO Le 10/07/2009 à 18:21