Le CEBNF de Kampti

 

Le CEBNF (Centre d’Education de Base Non-Formelle) de Kampti

 

Le CEBNF de Kampti

 

 

En ce 30 juin 2011, c’était la clôture de l’année scolaire 2010-2011 au Centre d’Education de Base Non-Formelle (CEBNF) de Kampti, dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. A cette occasion, la directrice de cette école primaire atypique nous fait découvrir sa structure qui ambitionne de contribuer énormément au renouveau de l’éducation de base des enfants de la région.

Les CEBNF, (Centres d’Education de Base Non-Formelle), sont une innovation du système éducatif burkinabé. Sa philosophie se veut être une alternative dans l’éducation de base. Les CEBNF ont donc été créés par le gouvernement du Burkina Faso pour améliorer l’offre éducative et pour accroître le taux de scolarisation et pour faciliter surtout l’insertion des jeunes dans leur milieu de vie.

En effet, depuis 1995, date de la création des premiers centres, les CEBNF accueillent les enfants non-scolarisés ou déscolarisés, âgés de douze à quinze ans, pour leur faire bénéficier d’une éducation de base à travers des programmes adaptés aux exigences sociales et aux opportunités économiques du milieu. La formation au CEBNF dure quatre ans. Pendant les deux premières années, les enseignements se font en langue du milieu. Et pour le cas du CEBNF de Kampti, la langue du milieu est le lobiri. Pendant les deux dernières années, le français constituera la langue d’enseignement.

 

Le écoliers

 

 

Les domaines qui y sont enseignés sont :

- Les connaissances instrumentales

- Le développement socio-économique

- L’hygiène – la santé – la nutrition

- L’environnement

- Le civisme et les droits humains

Ainsi, dès la troisième année, la formation préprofessionnelle, c’est-à-dire l’initiation aux métiers, commence et se poursuit durant la dernière année dans un atelier à choix, pour une spécialisation. Les meilleurs élèves en enseignements théoriques ont la possibilité de réintégrer le système formel pour poursuivre leurs études primaires et secondaires.

 

Apprentissage de métiers

 

 

Pour ce qui est du CEBNF de Kampti, il fait partie des pionniers dans ce domaine. Cela fait seize ans (16 ans) aujourd’hui que ce centre a été ouvert dans ce village. Depuis lors, il y a eu plusieurs promotions qui se sont succédé avec quelques réinsertions notables au collège d’enseignement général. Mais il faut noter que plusieurs facteurs ont découragé pendant plusieurs années les fréquentations de ce centre. Plusieurs promesses n’ont pas été tenues. Et les lenteurs administratives n’ont pas arrangé davantage les choses. Et malheureusement, les effectifs continuent de décroître d’année en année. En plus, la floraison des sites aurifères dans la région a été le coup de grâce donné à l’intérêt des jeunes vis-à-vis du centre. Et ce, malgré les efforts consentis ces dernières années par les autorités gouvernementales pour doter le CEBNF de Kampti de matériels suffisants pour un apprentissage plus efficace et adapté à l’environnement social.

Le CEBNF de Kampti ne compte que 25 apprenants, dont 15 filles et 10 garçons pour cette année qui s’achève. Cet effectif est très bas. L’équipe enseignante quant à elle est assez fournie. Elle est constituée de 3 enseignants et d’un formateur en coupe-couture.

 

La Couture

 

 

Le CEBNF de Kampti a donc un problème sérieux de fréquentation. Et l’avenir de ce centre dépend bien de sa fréquentation par les apprenants. Il n’est pas sûr que l’Etat burkinabé accepte de maintenir autant de matériels d’apprentissage et de payer régulièrement quatre formateurs pour un faible effectif d’apprenants. C’est pourquoi, nous lançons ici ce cri de cœur à tous les ressortissants de Kampti dans la région du Sud-Ouest et d’ailleurs, afin que chacun en ce qui le concerne, puisse sensibiliser les jeunes et la communauté locale pour que survive ce centre. Sinon Kampti perdra cette aubaine à lui accordée. Je vous prie donc d’être les avocats du centre auprès de la population et auprès de tous les partenaires de l’éducation de base dans la région. Le CEBNF permet de former nos enfants dans leur langue et en français. Ils sortent de ce système scolaire en étant capables de lire et écrire dans leur langue et en français aussi. Qui ne rêverait d’un tel système éducatif plus englobant et plus intégrateur dans le milieu de vie. Bien plus, une formation préprofessionnelle est assurée aux enfants. Il y a même un projet d’ouverture de Centres professionnels dans la région pour continuer leur formation jusqu’au supérieur. Le jeu en vaut donc la chandelle ! Merci déjà pour tout ce que vous ferez pour que nous arrivions à un enseignement de base qui allie savoir théorique et savoir-faire, langue maternelle et langue de grande communication, le lobiri et le français !

 

Madame POODA Monique

 

 

Madame POODA Monique

Directrice du CEBNF de Kampti

CEB de Kampti I

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Date de dernière mise à jour : 27/07/2013